Les départs cycliques
Par Sophie Bélisle.
2025/04/01
Je me veux grandiose
Avec toutes les limites impliquées
Sans mission d’archivage
Sans les saletés du manque
Sans hâte de production
Sans ce qui nous lie
Je n’appartiens plus aux désordres
Ni aux chavirements figés
J’attends l’appel furtif
Savons-nous qui pèse et actionne ?
Certaines choses n’avancent plus.
Reflets de nos premiers jets
L’envers me secoue davantage que l’intime
Je te vois, je me dégoute
Je nous inspire l’incertain et le fragile
Les minables départs à répétition
Départ de fauve, départ de mensonge et d’allure
Je ne toucherai jamais l’éclaircie, les désaveux, la pointe de tes cheveux
Je m’étale, me couvre les genoux, chaque jour mon jour dédale, l’amour brillera debout.
Il est trop tôt pour entendre
Je ne suis pas de celles qui se butent au silence
Je m’enveloppe
Je deviens souterraine
Tes paumes s’activent d’elles-mêmes et la misère les dérobe
Le feuillage sèchera toujours dans la crasse
Je ne veux plus t’entendre, savoir ni reprendre sans agripper
Je ne me suffirai plus des perches brûlées.
J’aimerais te montrer ce que j’ai construit de mes mains sèches
Je veux que tu saches je veux tes critiques
Parler ta langue toucher l’absence
Dis-moi ce que je ne veux pas entendre
Je suis en possession en contrôle en toutes certitudes de mon corps
Mon appartenance sauvage et forcée
L’amour à quel prix
Le réconfort des hommes brisés
Les fins de la cavalerie.
L’amour me lasse lorsque la chasse se confond au jeu
Je ne suis pas de celles qui se butent aux aveux.
Ce qui est fait n’est plus à faire
Je tiens dans la main un cœur chaud, qui bat encore
Visiblement, l’année se présente bien.
Sophie Bélisle